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"Le Supplément d'âme d'Oreste CONTI"

 

 

Il a une simplicité, une telle fraîcheur de regard, si rares qu'on est d'abord surpris.  Tant d'humilité ne cache-t-elle pas une volonté de fer !

 

 

La voie n'a pas toujours été facile pour cet artiste italien d'origine mais vivant en France depuis son enfance.  Il a dû enfouir sa vocation et son talent pendant des années.  Mais les nombreux obstacles venus entraver la carrière de l'artiste n'ébranleront en rien sa passion ou sa revanche de créer.

 

 

Ne se souvient-il pas qu'après qu'un instituteur lui eut donné un zéro pour une première étude dessinée, celui-ci lui octroya un 20/20 d'après l'épreuve produite en classe ! Ou encore qu'une bourse, tellement nécessaire, lui fut refusée en raison de sa nationalité.

 

 

Et malgré le palmarès exceptionnel obtenu à 15 ans à l'école d'Art de Nice après 3 années d'étude, un 1er Prix dans toutes les disciplines : dessin, sculpture, céramique... la vie artistique d'Oreste Conti se mettra entre parenthèses pendant de douloureuses et solitaires années.

 

 

... La passion ne s'éteint pas pour autant.  Elle se sublime dans la souffrance et propose son heure pour s'exprimer.  Et c'est à partir de 1976 que sont exposées dans le pays grassois les oeuvres d'Oreste Conti.  Elles sont nées de ce matériau humain, fragile et incertain.  Les critiques saluent sa sensibilité, sa puissance.  Tel Giacometti, sculpteur de génie qui, en quête de l'absolue vérité, réduit pendant une période de sa vie, ses oeuvres à une taille minuscule pour montrer la fragilité de l'homme et la peur de l'échec de l'homme face à la nature, Conti, d'étape en étape concentre, épure ses formes pour une synthèse du processus, presque un symbole où l'émotion transparaît à l'état pur.

 

 

Il a commencé par la sculpture. Déjà, enfant, il façonne avec volupté la matière (un champ argileux) pour donner forme et âme à son imagination.  Le cheminement n'est pas sans rappeler Bachelard dans "La terre et les rêveries de la volonté"... "la matière nous révèle nos forces. Elle suggère une mise en catégories dynamiques de nos forces. Elle donne non seulement une substance durable à notre volonté, mais encore des schémas temporels bien définis, à notre patience. Aussitôt, la matière reçoit de nos rêves tout un avenir de travail, nous voulons la craindre en travaillant. Nous jouissons par avance de l'efficacité de notre volonté".

 

Parce que, sans doute grâce à la sculpture, Oreste Conti s'est approprié la matière, il la transpose de ses peintures ... d'où cet effet de matière reconstituée.

 

Du talent, certes Oreste Conti en a mais il possède surtout ce "supplément d'âme" qu'on retrouve dans ces oeuvres où matière, forme, rêve et recherche de l'absolu ne font plus qu'un.

 

 

 

Madame Ghislaine REY

Directeur du Palais des Congrès de Grasse